La terre, settimana dal 17 al 23 gennaio
2001
Danone
ne se lève pas pour ses salariés
Le groupe agroalimentaire français prépare une
ample " réorganisation " de sa branche biscuits en Europe. 3 000
emplois pourraient être supprimés dont 1 700 en France.
" Danone s'apprête à supprimer 3 000 emplois
en Europe, dont 1 700 en France ", indiquait Le Monde la semaine dernière.
Le journal cite sept unités menacées par une prochaine fermeture en France :
Calais (244 salariés), Evry (356 salariés), Château-Thierry (322 salariés),
Jussy, Charleville (197 salariés), Besançon (167 salariés) et Toulouse (144
salariés). La direction dément l'existence d'un plan précis mais admet qu'il y
a des projets en ce sens. " Je ne sais pas s'il y aura des fermetures
d'usines, mais il est clair qu'il y a trop de capacités. Pour le moment, il n'y
a pas d'objectif déterminé. On y travaille. Les informations sur ce sujet
seront données, en priorité, aux représentants du personnel ", affirme le
responsable des ressources humaines dans Le Monde.
La direction travaille donc sur un plan de
suppressions d'emplois mais n'a jusqu'à présent rien dit aux salariés et à
leurs représentants élus. Ce plan est même doté d'un nom de code baptisé "
Record ". Le mot en dit long sur le cynisme des dirigeants de la
multinationale agroalimentaire dont la branche " biscuits " est
considérée comme insuffisamment rentable par rapport aux secteurs des eaux
minérales et des produits laitiers frais. Le secteur des boissons dégage une
marge de 12,3%, celle des produits laitiers est de 11%. Les biscuits seraient
trop à la traîne avec tout de même 7,9%. De fait, le groupe affiche des
résultats florissants. En 1999, le résultat net Danone s'est élevé à 4,5
milliards de francs. Sans doute les dirigeants estiment-ils que la situation
est bonne mais que les profits n'augmentent pas assez. D'où la volonté de
supprimer 3 000 emplois pour faire monter les actions en Bourse et servir de
plus gros dividendes aux actionnaires. Selon Le Monde, la direction de Danone
travaille en secret sur le plan de fermetures d'usines depuis l'automne 2000.